Notions de Génétique

I – Les chromosomes

Le matériel génétique des cellules peut être comparé à un livre composé de chapitres qui sont les chromosomes. Chaque chapitre est lui-même composé par un certain nombre de phrases qui sont les gènes ; chaque phrase est constituée par des mots qui sont des mots de trois lettres : les codons, chaque phrase spécifie la structure d’une protéine.

Le noyau de la cellule, contient les informations qui caractérisent un individu. Ces informations se trouvent sur des sortes de petits filaments que l’on appelle chromosomes.

Dans le noyau de la cellule d’un homme, il y a 46 chromosomes que l’on classe en 23 paires dont une qui détermine le sexe de l’individu. Chaque personne est unique car il a dans son programme, une moitié de celui de son père et une moitié de celui de sa mère. Il est issu du hasard car lors de la fécondation les solutions sont multiples.

On peut analyser les chromosomes grâce au caryotype. On range les 23 paires par ordre décroissant de taille. La 23è paire est la paire des chromosomes sexuels : XX pour une fille, XY pour un garçon. Malheureusement il existe des maladies qui ont pour origine un nombre anormal de chromosomes que l’on appelle anomalies chromosomiques.

Ex : Pour la Trisomie 21 appelé aussi syndrome de Down, on observe trois chromosomes sur la paire 21, au lieu de deux.

Les anomalies chromosomiques sont responsables de plus de 60 syndromes identifiés et sont plus fréquentes que tous les désordres monogéniques dans leur ensemble. Elles sont observées dans 0.7% des naissances vivantes, environ 2% des naissances de femmes de plus de 35 ans et dans au moins 50% des avortements spontanés du premier trimestre.

II – Les gènes

L’information génétique est, on le sait, inscrite sur les chromosomes mais plus précisément au niveau des gènes. Un gène est un fragment d’A.D.N. comportant plusieurs milliers de bases représentant des informations ou un message génétique.

Il y a environ 30 000 gènes chez l’homme, situés le long des chromosomes.

Pour chaque gène on reçoit un exemplaire paternel et un exemplaire maternel qui peuvent porter une information différente. On nomme cette écriture : allèle. Les gènes peuvent donc avoir des allèles différents ou identiques.

Les maladies monogéniques sont causées par des allèles mutants. La mutation peut être présente sur un seul chromosome (un allèle normal de ce gène se trouve donc sur le chromosome homologue) ou sur les deux chromosomes d’une même paire.

III – Les maladies génétiques ; la DEA

A – Présentation des maladies génétiques

Une maladie génétique résulte de la perturbation de la transcription d’un gène ou d’une anomalie de sa séquence. Le produit final codé par un gène est une protéine qui peut être soit absente ou en quantité diminuée, soit présente en quantité normale mais sa séquence et de ce fait sa fonction sont altérées. Il en résulte un défaut de la fonction de telle ou telle cellule.

La majorité des anomalies portant sur un gène unique se transmettent de façon récessive. C’est-à-dire que les deux exemplaires du même gène doivent être porteurs de l’anomalie responsable de la maladie pour que celle-ci s’exprime. Dans ce cas, les parents ne sont généralement pas affectés par la maladie, mais ils sont porteurs du trait et possèdent un gène normal qui compense le gène muté.

La plupart des maladies génétiques sont monogéniques : elles sont dues à des anomalies portées par un seul gène. On en dénombre environ 4 000.

La dysplasie ectodermique de type anhydrotique est une maladie génétique monogénique.

 

B – La dysplasie ectodermique de type anhydrotique

Cette maladie génétique rare est le plus souvent héréditaire. Elle touche en majorité des hommes même si les femmes présentent aussi des signes de la maladie à des degrés divers.

Cinq gènes différents peuvent provoquer une DEA. Trois sont situés sur le chromosome X (ED1, XEDAR, NEMO), un sur le chromosome 1 (EDARADD), un sur le chromosome 2 (EDAR).

La forme la plus fréquente est liée au chromosome X et se situe en Xq12-13. Elle est appellée ED1 et représente 80% des cas. Ce gène est de grande taille, il est divisé en 12 parties : les exons ce qui rend la recherche de l’anomalie longue car elle peut être située n’importe où. A l’heure actuelle plus de 60 mutations différentes ont été identifiées. Chaque exon est composé de codons, groupe de 3 lettres qui déterminent un acide aminé particulier et l’ensemble des acides aminés du gène déterminent à leur tour une protéine. Pour la DEA, il s’agit de l’ectodysplasine. Une erreur sur une des lettres, et c’est tout le message qui est faux ; la protéine n’est plus fabriquée normalement.

La constitution de l’ectoderme intervient tôt dans l’embryogénèse et affecte de nombreux tissus ce qui explique la variété des organes touchés (dents, ongles, cheveux, glandes, peau,.). De plus, l’ectodysplasine interagit avec d’autres protéines et une réaction en chaîne se crée. En cas de manquement de l’une ou l’autre de ces protéines, c’est tout le processus qui en souffre. C’est pourquoi d’autres symptômes tels qu’un léger déficit immunitaire ou des atteintes osseuses peuvent exister.

Chaque famille est porteuse d’une mutation particulière, il n’y a donc que la première recherche de la mutation qui prenne du temps. Pour le moment, on ne peut pas dire si le degré d’atteinte du malade est lié ou non à une mutation particulière, ce qui veut dire que deux frères peuvent être atteints à des degrés divers. Il semblerait que sur les signes mineurs par contre il y ait une relation entre la mutation et les atteintes cliniques.

IV – Hérédité

La présence ou non de la maladie dépend du mode d’hérédité. Si ce dernier est autosomique récessif (EDAR, EDARADD), il faut que les 2 chromosomes aient un gène muté pour que l’enfant soit malade (forme homozygote).

Dans une forme autosomique dominante (EDAR), un seul gène muté provoque la maladie qui touche indifféremment fille ou garçon.

Dans le cas d’un mode de transmission lié au chromosome X (ED1, XEDAR, NEMO), les conséquences diffèrent selon le sexe.

Les hommes n’ont qu’un seul chromosome X et expriment donc la maladie si ce X est porteur de l’anomalie.

Les femmes possèdent 2X et la protéine est donc quand même la plupart du temps fabriquée.

On la dit vectrice de la maladie car elle a un risque sur deux de transmettre l’X porteur de l’anomalie et donc un risque sur 2 d’avoir une fille à son tour vectrice de la maladie.

Elle a également un risque sur 2 d’avoir un garçon qui aura reçu l’X porteur de l’anomalie qui lui sera malade.

Un garçon malade ne peut transmettre que l’X porteur et donc il aura systématiquement une fille vectrice de la maladie. Par contre pour faire un garçon, il ne transmet pas l’X mais seulement son chromosome Y et donc son fils sera totalement indemne de la maladie.

Conclusion

En quatre ans, les connaissances de la pathologie moléculaires des dysplasies ectodermiques anhidrotiques ont fortement progressé et se sont compliquées au fil des mois. Toutefois elles ont permis une amélioration du conseil génétique et offert l’opportunité d’un diagnostic moléculaire.

Mais la presque totalité des anomalies identifiées sont dites privées, c’est-à-dire propres à chaque famille. Comme chaque individu est unique, chaque famille est aussi unique. N’hésitez pas à contacter et rencontrer des personnes compétentes en génétique qui vous aideront à décoder et comprendre toutes ces infos. Elles s’occuperont de votre famille.